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"Vous entrez en territoire zapatiste, ici les citoyens commandent et les gouvernements obéissent."

Un peu de musique de la compagnie jolie môme.

 

 

 

  

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Samedi 17 mars 2007
16 mars 2007
L’HOMME QUI SOUILLE CE QU’IL DIT AIMER

Le Réseau éducation sans frontières (RESF) tient à adresser ses félicitations
les plus vives aux responsables et aux exécutants, chacun selon leur
grade, des deux  faits relatés par le communiqué de l’ANAFE et par l’article
de Dernières Nouvelles d’Alsace reproduits ci-dessous.

Deux jeunes hommes, victimes de persécutions dans leur pays, ont été
renvoyés à leurs bourreaux car, selon la sentence favorite du ministre
de l’Intérieur, « ils avaient vocation à être reconduits dans leur pays
». Ce qui a été fait. Issa est en prison au Tchad, Elanchelvan a été exécuté
par l'armée sri lankaise..
A Marseille, un jeune kurde de 19 ans, risque de mourir, tabassé et
drogué à chacune des expulsions  qu'il refuse (Il y  a déjà eu deux
tentatives et une troisième est prévue demain), en grève de la faim depuis une
semaine et partiellement (les premiers jours et de nouveau ) en grève de la
soif.
Il ne tient plus debout et ne reçoit pas de soins, mais il ne veut pas
rentrer en Turquie où son père a déjà été en prison et où il sera
enfermé comme déserteur et kurde....
Ces derniers jours l'OFPRA et le ministère de l'intérieur ne cachaient
pas leur satisfaction de voir le nombre de réfugiés diminuer de façon
spectaculaire (-38%). Selon eux, grâce aux réformes énergiques de ces
dernières années, les « faux » réfugiés seraient, soit dissuadés
d'arriver sur le sol français, soit traités sans faillir (92% de rejet) et
expulsés.
Force est de constater que la belle mécanique de cette machinerie
administrative et policière ne s'embarrasse guère des pertes humaines.
Mais les responsables politiques continueront sans doute à promettre
la main sur le cœur que la France restera une « terre d'asile ».

Ces victimes de la politique de démagogie anti-immigrés ne sont pas
des enfants. Ils n’ont jamais été scolarisés en France. Mais la situation
dans laquelle les autorités françaises les ont plongés concerne tous les
élèves, tous les enseignants et tous les parents de ce pays  et donc
le RESF  pour la honte que suscitent de tels événements. Le RESF invite
les enseignants et les parents d’élèves à les commenter auprès des jeunes.
Chacun doit mesurer les conséquences d’une politique qui piétine dans
les faits le droit d’asile établi par la Convention de Genève et fait de
ses initiateurs les complices indirects des assassins et des tortionnaires
vers lesquels on renvoie les réfugiés déboutés.

Monsieur Sarkozy ânonne après Monsieur Le Pen « La France, on l’aime
ou on la quitte ». Il y a erreur, Monsieur Sarkozy n’aime pas, il souille.

Communiqué de l’Anafé --  Association nationale d'assistance aux
frontières pour les étrangers :

Demandeur d'asile tchadien refoulé par la France, aujourd'hui
emprisonné à N'Djamena.
Le 15 mars 2007
Au moment de la publication du rapport 2006 de l'OFPRA constatant une
baisse de 38% du nombre de demandes d'asile en France par rapport à
2005, dont le ministre de l'Intérieur ne cesse de se féliciter, voici le cas
d'Issa.
Issa arrive à l'aéroport de Roissy le 24 février 2007, il demande
aussitôt l'asile à la frontière. Il explique, par un récit précis et
circonstancié, qu'il fuit les services de renseignements d'Idriss Deby qui ont fait
procéder à une vague d'arrestations au sein du groupe rebelle qu'Issa
venait de rejoindre. Sa demande d'asile est examinée par la division
asile à la frontière de l'OFPRA durant son maintien en zone d'attente, puis
rejetée par le ministère de l'Intérieur le 27 février 2007 qui estime
qu'elle est « manifestement infondée ».
Après avoir refusé deux fois d'embarquer, Issa est refoulé sous
escorte policière le 6 mars 2007. Direction N'Djamena.
Son frère, réfugié statutaire en France, reçoit un appel téléphonique
le lendemain. C'est Issa, il est détenu au commissariat de N'Djamena et
utilise le téléphone portable d'un codétenu. Il explique qu'à son
arrivée à l'aéroport de N'Djamena, il s'est fait appréhender par la police
tchadienne qui l'a gardé pendant 5 heures, lui faisant subir
un  interrogatoire « musclé » portant notamment sur sa demande d'asile
en France avant de le transférer au commissariat.
La Ligue tchadienne des droits de l'Homme a pu vérifier qu'Issa se
trouvait bien au commissariat central de N'Djamena.
Les dernières nouvelles que nous avons eues d'Issa datent du 13 mars :
il était très affaibli car privé de nourriture et aucune procédure ne lui
avait été notifiée, l'empêchant ainsi d'avoir accès à un avocat.
Nous craignons désormais de perdre toute trace de lui.
L'Anafé dénonce la violation par la France du principe de
non-refoulement de la Convention de Genève. La simple lecture de la décision du
ministère de l'Intérieur démontre que le strict examen du caractère «
non-manifestement infondé » a été largement dépassé.
L'Anafé demande que toute la lumière soit faite sur les conditions du
refoulement de l'intéressé.
L'Anafé a demandé au gouvernement français d'intervenir rapidement
auprès du gouvernement tchadien afin d'éviter le pire pour Issa.

Article paru dans les DNA du 16 03 07 / Faits divers - Strasbourg

Débouté du droit d'asile, expulsé, tué par balles

Arrivé en France en 2002 pour fuir les persécutions dont il était
victime au Sri Lanka, Elanchelvan Rajendram a eu moins de chance que les
membres de sa famille déjà réfugiés à Strasbourg. Débouté du droit d'asile en
2003, il s'est trouvé sans plus aucune voie de recours en 2004. Il a
été expulsé vers le Sri Lanka en août 2005. Membre du Casas (*), Simone
Fluhr l'avait accompagné dans ses démarches successives. Ils avaient
sympathisé.
Elle l'avait regardé partir la mort dans l'âme : « Nous voyons passer
beaucoup de Sri Lankais d'origine tamoule. Nous savons ce qu'ils
endurent.
L'oncle d'Elanchelvan installé à Hautepierre a été torturé en
détention.
Le certificat médical qui décrit les séquelles fait trois pages. »
Pour le nouvel an 2006, Simone a pourtant eu la surprise de recevoir une 
carte de voeux d'Elanchelvan, avec des petits coeurs et des roses de toutes les
couleurs. Elle a appris sa mort la semaine dernière. Le 28 février à
l'aube, le jeune homme est tombé, le corps criblé de six balles.
Exécuté par les militaires de l'armée sri-lankaise alors qu'il sortait des
toilettes installées dans la cour de sa maison. Vêtu d'une simple
étoffe et désarmé, Elanchelvan a rendu son dernier souffle dans les bras de
sa femme. Sous l'oeil goguenard de ses assassins.
« Je savais qu'il serait en danger au Sri Lanka »
C'est David Balathas, un des amis d'Elanchelvan réfugiés à Strasbourg,
qui a contacté Simone pour lui raconter. Dans son magasin de retouches du
quartier des Halles, il retient encore ses larmes, une photo de son
ami disparu posée sur la table. « Je savais qu'il serait en danger là-bas.
Il avait déjà perdu deux frères. Et l'un d'eux était membre des
Tigres-tamouls (**), appuie David. Je ne comprends pas pourquoi
l'Ofpra (***) ne l'a pas cru. » Ebranlée, la famille vient d'envoyer, avec
l'aide du Casas, un faire part de décès aux organismes intervenus dans le
traitement du « dossier » d'Elanchelvan : l'Ofpra, la Commission de
recours des réfugiés, la préfecture du Bas-Rhin, la Police aux
frontières, etc. « Il ne s'agit pas de les culpabiliser. Mais de rappeler que,
dans le cas de personnes victimes de persécutions, l'expulsion peut être
synonyme de mort », précise Simone. Elanchelvan avait 30 ans. Il laisse
derrière lui son épouse et une petite fille âgée de trois mois ainsi que des
 parents brisés par la perte de leur troisième et dernier fils.
Manuel Plantin

(*) Collectif d'accueil pour les solliciteurs d'asile à Strasbourg.
(**) Le LTTE est une organisation indépendantiste tamoule en lutte
depuis
1972 contre le pouvoir cinghalais.
(***) Office français de protection des réfugiés et apatrides.
© Dernières Nouvelles d'Alsace: <http://www.dna.fr/>  - 16.3.2007
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Samedi 17 mars 2007


Manifestation Nationale
SAMEDI 24 MARS à 14H30
REPUBLIQUE



LES FAITS

En France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de
son compagnon (Etude nationale des décès au sein du couple,
Directions générales de la police nationale et de la gendarmerie
nationale. Bilan des 9 premiers mois 2006). 60% des appels nocturnes
de Police secours à Paris concernent des violences conjugales

(Enquête Droit des Femmes 1988). 48000 femmes sont violées par an et
seulement 8% portent plainte (Enquête nationale sur les violences
envers les femmes en France 2002).
Même si les évaluations nationales manquent, les associations
féministes agissent auprès de nombreuses jeunes filles dans des
situations de mariages forcés. « La violence à l'égard des femmes est
un fléau répandu dans le monde entier dont souffre une femme sur
trois en moyenne au moins une fois dans sa vie, selon un rapport du
secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, publié mardi 10
octobre 2006. » Le Monde 11 octobre 2006.

LE SCANDALE

Et pourtant en France il n’existe pas, gravé dans le marbre de la
loi, de politique de prévention systématique contre les violences
faites aux femmes, ni de prise en compte des violences psychologiques
par exemple. La législation est parcellaire et incomplète.
En France on a pu afficher en 2000, au nom de l’humour, sur les
panneaux publicitaires de nos villes : « Babette, je la lie, je la
fouette et parfois elle passe à la casserole… » Il s’agit de crème
fraîche mais ça vous fait penser à quoi ?
Ce scandale va-t-il encore durer longtemps ? La société ne doit-elle
pas se donner de véritables moyens de lutte contre les violences
faites aux femmes ?
Autre scandale : des dirigeantes d’associations sont attaquées : la
présidente et de la directrice de l’association Sedire de Dunkerque
sont poursuivies pour soustraction « d’enfant par ascendant des mains
de la personne chargée de sa garde », après avoir mis en sécurité une
femme, mère de 3 enfants, victime de violences graves.
Et pourtant, ces associations remplissent des missions de service
public. Elles ont du mal à fonctionner puisque leurs budgets ne sont
jamais assurés et régulièrement revus à la baisse. Et maintenant les
directions de ces associations peuvent être menacées par des attaques
en justice !
Cette attaque risque de mettre en péril toutes les structures de
solidarité mises en place par le Mouvement féministe. C’est notre
bien commun qui est visé, ce qui est inacceptable !

EGALITAIRE ET DEMOCRATIQUE, NOTRE PAYS ?

Ces violences se passent en France aujourd’hui, dans le pays qui se
veut toujours le fer de lance de la défense des droits humains. Leur
ampleur, très tôt mise en lumière par les associations, a été
corroborée par l’Enquête nationale sur les violences envers les
femmes en France de 2002. Ces violences ne sont-elles pas une
atteinte à la démocratie, au principe d’égalité femmes/ hommes ?
Elles sont en fait le point extrême de toutes les discriminations et
oppressions à l’encontre des femmes et sont le moyen de contrôle
social sur elles. Elles ont lieu sensiblement dans les mêmes
proportions, dans tous les milieux, toutes les classes sociales
(Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France 2002).

LA MANIFESTATION

Le 24 mars 2007 aura lieu une manifestation nationale sur les
violences faites aux femmes.
Cette manifestation portera sur :
- la défense de la présidente et de la directrice de l’association
Sedire de Dunkerque.
- la prise en compte réelle de la proposition de loi cadre contre les
violences à l’encontre des femmes élaborée par le Collectif national
pour les droits des femmes qui vise, à l’instar de la loi espagnole,
à intégrer dans un même texte les aspects préventifs, d’information,
de solidarité, judiciaires, financiers, de prévention de la récidive,
etc, qui sont à l’heure actuelle absents de la législation.
- la nécessité d'un Ministère d'Etat à l'égalité femmes- hommes
disposant de réels pouvoirs transversaux dans l'ensemble des
ministères. Celui ci devra être doté des moyens correspondants à
l’ampleur et à la diversité de sa tâche.


A l’initiative de :
Collectif national pour les droits des femmes, Fédération nationale
Solidarité Femmes, Mouvement français pour le Planning familial,
Collectif féministe contre le viol, Femmes Solidaires

Avec le soutien de :
Elu/es contre les violences faites aux femmes, Groupe pour
l'Abolition des Mutilations Sexuelles, Observatoire départemental des
violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, Maison des femmes
de Paris, Marche Mondiale contre la pauvreté et les violences,
Collectif Féminin-Masculin (Vitry 94), Rajfire, APEL- Association
pour l’Égalité, Association des Tunisiens en France, Atalante vidéo
féministe, ATTAC, CADAC, CAFO Mali France, CGT, Collectif 13 Droits
des Femmes, Collectif bordelais Droits des Femmes, Coordination
Lesbienne en France, CQFD Fierté Lesbienne, Encore Féministes !, FSU,
Groupe Femmes de Turquie/L'ACORT, La Meute, LCR, LDH, Les
Alternatifs, Les Chiennes de garde, Les Verts, LO, MFPF-69, Mille et
Une Femmes, Mix-Cité, MJS, Parti Communiste Français, Parti
Socialiste, Pluri-Elles Algérie, Rien sans elles à Brest, Union
syndicale Solidaires, Voix rebelles
Par blogos - Publié dans : Féminisme/antipat
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Samedi 17 mars 2007
L'hiver 2006-2007 a été le plus chaud jamais enregistré, d'après une agence américaine

LEMONDE.FR avec AFP | 16.03.07 | 16h02 • Mis à jour le 16.03.07 | 16h04

Les températures mondiales enregistrées entre décembre et février ont
été
les plus élevées jamais répertoriées à cette période de l'année, avec
une température moyenne supérieure de 0,72 °C à la moyenne du XXe
siècle, selon l'Administration américaine océanique et atmosphérique
(NOAA).

Il s'agit de la température moyenne la plus haute jamais enregistrée
depuis que les relevés systématiques ont débuté, en 1880, en raison
notamment d'un mois de janvier exceptionnellement chaud au niveau
mondial, précise la NOAA.

La NOAA ne conclut toutefois pas que les émissions de gaz à effet de
serre soient à l'origine de cette hausse des températures. Pour Jay
Lawrimore, responsable du centre national de données climatiques au
sein
de la NOAA, "les facteurs qui ont contribué [à cette hausse des
températures] sont une tendance à long terme au réchauffement ainsi
qu'un El Nino modéré dans le Pacifique."

En janvier, les températures mondiales, à la fois terrestres et
océaniques, constatées par la NOAA ont été les plus élevées jamais
répertoriées. De décembre à février, la moyenne des températures
océaniques est la deuxième plus haute jamais enregistrée, soit 0,06 °C
en dessous du record établi en 1998, au plus fort du phénomène El Nino.

Les scientifiques de la NOAA soulignent par ailleurs une accélération
de
la hausse des températures. Au siècle dernier, les températures
mondiales ont progressé à un rythme de 0,06°C tous les dix ans."Mais ce
taux de progression a été trois fois plus élevé depuis 1976, soit 0,18
degré tous les dix ans, avec certaines des plus fortes augmentations de
températures intervenues dans les latitudes élevées de l'hémisphère
Nord", près du pôle Nord, ajoute la NOAA.

Début février, le quatrième rapport scientifique du Groupe
intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a, pour
sa part, souligné que les émissions de gaz à effet de serre dues à
l'activité humaine risquent de causer de graves dérèglements
climatiques, avec un réchauffement qui pourrait aller jusqu'à + 4 °C
d'ici à la fin du siècle et une hausse du niveau des mers jusqu'à 58
cm.
Par blogos - Publié dans : Environnement
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Samedi 17 mars 2007

Espagne : la CGT Baléares victime des fascistes !

Nos camarades de la CGT espagnole des Iles Baléares ont été, ces dernières semaines, victimes de plusieurs attaques fascistes.

Le 11 février 2007, les murs du local de la CGT de Palma de Majorque sont souillés par des graffitis fascistes.

Dans la nuit du 2 mars 2007, la serrure du même local était sabotée et mise hors d’usage.

Dans la nuit du 3 mars 2007, deux militants de la CGT, d’origine colombienne, étaient passés à tabac par des individus après avoir essuyé nombres d’insultes racistes. Les deux militants de la CGT étaient grièvement blessés et sont restés hospitalisés respectivement 3 et 7 jours.

Dans la nuit du 4 mars 2007, une bombe artisanale était désamorcée devant le local de la CGT de Palma.

A Madrid, les fascistes essaient, aussi, d’intimider la CGT où les murs du local de la CGT-Castilla la Mancha ont été recouverts de graffitis nazis.

La résurgence de groupes néo-nazis et pro-franquistes en Espagne est un phénomène inquiètant.

La CNT, fidèle à sa tradition antifasciste, apporte tout son soutien aux camarades de la CGT Baléares et de la CGT Madrid.

RESISTANCE ANTIFASCISTE !

NO PASARAN !

Communiqué de la CNT française

Par blogos - Publié dans : Anti-racisme/anti-fascisme
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Samedi 17 mars 2007

 

Lucie Aubrac, l'appel des résistants

Cet appel a été lancé le 8 mars 2004, à Paris, pendant une conférence de presse, par :
Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

60 ans après leur combat, les acquis sociaux que nous leur devons sont en danger :
Répondons à leur Appel !

Appel des Résistants

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :

* sécurité sociale et retraites généralisées,
* contrôle des "féodalités économiques",
* droit à la culture et à l'éducation pour tous,
* presse délivrée de l'argent et de la corruption,
* lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ?
Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance

* à dépasser les enjeux sectoriels
* et à se consacrer, en priorité, aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux et non plus, seulement, à leurs conséquences,
* à définir ensemble un nouveau &quot;Programme de Résistance&quot; pour notre siècle,

sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :

Créer, c'est résister. Résister, c'est créer

Signataires :

Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

la lecture et l'explication de ce texte par Stéphane Hessel à Caen lors du rassemblement contre la venue de Bush le 5 juin 2004: http://www.youtube.com/watch?v=V_PICLwAK4k
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