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Un peu de musique de la compagnie jolie môme.

 

 

 

  

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Dimanche 3 décembre 2006
Chronique du Mexique en luttes, 30 novembre 2006

Repli de l’APPO et menaces sur les prisonniers

En raison des nombreuses arrestations des derniers jours, la barricade
du
carrefour Cinco Señores, dernière barricade d’Oaxaca, qui défendait
notamment l’accés à l’université, est restée sans défenseurs durant la
nuit du 28 au 29, de sorte qu’à 4 heures du matin des bulldozers sont
arrivés, accompagnés d’une centaine de nettoyeurs et défendus par une
vingtaine de camionnettes de policiers fortement armés ; ils ont
complètement démembré la barricade et dégagé les dernières routes
coupées,
annihilant ainsi une occupation qui durait depuis six mois. Dans
l’après-midi du 29, comme un groupe important de policiers se massait
devant la porte de Radio Universidad, les membres de l’APPO qui
émettaient
encore ont préféré remettre la radio entre les mains de l’Universtité
plutôt que de laisser la police s’en emparer par la force. La PFP
occupe
désormais toute la ville. Toutes les maisons sont systématiquement
fouillées à la recherche d’activistes. La criminalisation du mouvement
entre dans sa phase judiciaire avec des centaines d’inculpations pour
délits de droit commun tels que : dégradations, vols, destructions de
bâtiments publics, etc.

Parmi les prisonniers de ces derniers jours, 141 ont été transférés par
hélicoptères vers la prison d'El Rincon, dans l’Etat du Nayarit. Toute
communication est impossible avec eux, y compris pour leurs familles.
Les
associations pour la défense des droits humains sont arrêtées par un
barrage sur la route menant à la prison et ne reçoivent pas
l’autorisation
d’aller voir les prisonniers. Elles craignent des tortures et ont déjà
reçu des témoignages de coups et menaces. Ce déplacement vers le
Nayarit a
donné lieu à des déclarations hallucinantes. Des représentants de tous
les
secteurs privés locaux ont manifesté contre la présence des prisonniers
oaxaquéniens, et le président du Conseil des entreprises a déploré que
celle-ci "générera des protestations sociales, de gens qui viendront
d’autres Etats du pays pour demander leur libération, et cela nuira aux
activités productives de l’Etat". Ce n’est pas tout : le gouverneur de
l’Etat a téléphoné au prochain ministre de l’Intérieur fédéral pour se
plaindre qu’on lui ait envoyé ces "inculpés" sans lui demander son
avis,
et a qualifié ce transfert d’"insensé" parce que "quand on combat un
cancer, on doit l’encapsuler et non le disperser à travers tout le
pays".
Ces réactions illustrent la polarisation qui est en train de se creuser
dans tout le pays entre les sympathisants des mouvements sociaux et les
partisans de l’ordre économico-politique actuel.

Détermination pour le futur

Un Forum des peuples indigènes a eu lieu à Oaxaca dans des locaux de
l’église de la Vierge des Pauvres, qui a abouti à une déclaration
répétant
les exigences de démission du gouverneur, de retrait de la PFP, de
présentation des disparus en vie, de libération des prisonniers,
d’arrêt
des violences policières, et dénonçant la terreur exercée par
l’occupation
policière de la ville et la criminalisation de la protestation sociale
en
guise de moyen pour désarticuler l’APPO. Selon un porte-parole, le
nouveau
gouvernement serait déjà impliqué dans la répression actuelle, et la
nomination comme ministre de l’Intérieur de Francisco Ramirez Acuna,
connu
pour privilégier la manière forte, ne présage rien de bon pour
l’avenir.
De même, les membres de l’APPO réunis dans la capitale fédérale ont
annoncé que cette répression était un échantillon de ce que le
gouvernement de Felipe Calderon prévoyait de réaliser à l’échelle
nationale.

Cependant, les organisations présentes au forum invitent tous les
résistants à éviter de tomber dans les provocations et la violence et à
continuer à lutter de manière créative contre la misère et pour un
changement politique en profondeur. L’Eglise locale, jusque dans sa
plus
haute hiérarchie, a pris résolument le parti des pauvres en appelant
les
autorités fédérales et locales "à être sensibles aux justes
réclamations
du peuple, à gouverner avec honnêteté et transparence, à ne pas abuser
du
pouvoir pour réprimer, à ne pas manipuler ni profiter de l’ignorance et
de
la pauvreté de la population". Elle a ajouté que, pour éviter de
nouvelles
violences, il était urgent d’introduire des réformes dans tous les
secteurs : légales, économiques, politiques, scolaires, électorales et
sociales.

Le site de l’APPO continue à appeler à la lutte, affichant en première
page "LOS FASCISTAS NO PASARAN" (traduction superflue ! consulter
http://www.asambleapopulardeoaxaca.com). Le site comme les interviews
de
résistants indiquent que la stratégie du pouvoir consistant à arrêter
les
"leaders" est vaine face à un mouvement où la base agit horizontalement
:
des milliers de personnes en résistance ne s’arrêteront pas faute de
"dirigeants". La force de l’APPO est dans le nombre et l’égale valeur
de
tous ses membres, dans la détermination de ceux qui savent que la lutte
sera longue et difficile mais qu’ils n’accepteront plus jamais la vie
indigne qu’on leur a fait subir jusqu’ici.

Du côté des réactions internationales, l’hebdomaire mexicain "Proceso"
rapporte les chiffres exorbitants des exportations d’armes de l’Union
européenne vers le Mexique durant la présidence de Vicente Fox, et
révèle
que les groupes parlementaires européens Verts et Izquierda Unida ont
demandé une interdiction de ces exportations en raison des violations
des
droits de l’homme et des menaces que les armes soient utilisées contre
des
civils dans des conflits internes – ce sont là deux raisons
suffisantes,
d’après la législation européenne, pour refuser toute livraison d’armes
à
un pays (il est intéressant de noter que la Belgique a récemment refusé
un
contrat au Mexique pour ces raisons, ce qui est loin d’être le cas de
tous
les pays européens).

Pour ceux qui se demandent comment aider les prisonniers de l’APPO, on
voit qu’une pression peut être exercée de l’extérieur, soit par
l’intermédiaire de certains parlementaires, soit par l’intermédiaire
des
organisations internationales de défense des droits humains, ou encore
en
invitant la presse à parler de ce débat au Parlement européen et à dire
la
vérité sur la situation mexicaine.

Les "soirées pyjama" des députés

Pendant ce temps, tout le Mexique se gausse des députés du PAN et du
PRD
qui, hier, se sont disputé la tribune du Parlement, afin de l’occuper
jusqu’à ce vendredi 1er décembre où elle doit être le lieu de la
passation
de pouvoir au nouveau président. Le quotidien "La Jornada" affiche en
première page le titre "‘Piyamada’ à la plus haute tribune de la
nation",
faisant allusion aux fêtes durant lesquelles les enfants restent dormir
chez leurs copains. Des photos montrent en effet des députés se passant
des oreillers et d’autres allongés sur des matelats, après les photos
qui
les montraient se poussant et se frappant pour se maintenir sur
l’estrade.
Avec le commentaire : "Le Congrès s’est changé en le ‘reality show’ le
plus réussi. Depuis que la réalité imite la télévision, la politique a
gagné une audience inespérée." Mais, au-delà du cocasse et du ridicule,
la
tension est réelle entre ceux qui veulent à tout prix empêcher
l’investiture du président et ceux qui prétendent simplement appliquer
la
Constitution.

Annick Stevens, à partir de "La Jornada", de "Proceso" et du site de
l’APPO.

Par blogos - Publié dans : Actualité mondiale
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Commentaires

Comme tu le vois sur le lien " site web de l'auteur de ce commentaire "


http://ninfosinter.over-blog.com/categorie-379963.html


je suis cette histoire de tres tres pres ...


 


Par contre, d"apres nos renseignements ( et j'ai perdu le lien ) ce nouveau (?) gouvernement mexicain va y aller repressif à fond ( derniere intervention du nouveau president )


 


Si ces foutus Europeens pouvaient prendre de la graine de ce mouvement ... Mais vois mal en ce moment les profs se fouttrent en greve par exemple à Toulouse et decreter Toulouse ville insurectionelle ... Et pourtant...On peut rever ...


Cordialement


Electron Libre


 

Commentaire n°1 posté par Electron Libre le 03/12/2006 à 15h30
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