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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 11:48
Nouvelobs.com, 21 mars 2007.


L’arrestation d’un homme en situation irrégulière venu chercher ses
deux
petits-enfants dans une école du quartier a tourné à l’émeute, mardi
après-midi : la police a fait usage de matraques et répandu des gaz
lacrymogènes.


Les forces de l’ordre auraient arrêté, avec violence, un homme en
situation irrégulière, mardi 20 mars, causant une petite émeute à la
sortie de l’école de la rue Rampal, dans le XIe arrondissement à Paris,
dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cette
interpellation, très musclée, aurait provoqué la panique parmi les
habitants du quartier venus chercher leurs enfants aux écoles Lassalle
et Rampal.

Mardi, vers 16h30, alors que la police avait déjà arrêté un "fourgon
plein" de sans-papiers à la sortie de ces écoles, elle a voulu
interpeller un homme qui attendait ses deux petits-enfants, scolarisés
aux écoles Piver et 77, bld de Belleville, dans un café situé à l’angle
des écoles, témoigne Brigitte Wieser, de RESF-Paris.


"Enormément de policiers"

Les policiers ont alors "assiégé" le café dans lequel le grand-père
attendait. Les membres du Réseau et des habitants du quartier ont donc
tenté de s’interposer, et se sont placés devant la voiture de police
qui
allait emmener ce sans-papiers. "Il y avait énormément de policiers",
rapporte Brigitte Wieser. "Ils sont devenus fous furieux. Nous voulions
faire de la résistance, nous ne recherchions pas l’affrontement". Mais
les policiers ont tous sorti leurs matraques, et répandu des gaz
lacrymogènes puissants. "J’ai pris un coup de matraque dans le dos. Si
nous avions cherché l’affrontement, nous aurions tous fini à
l’hôpital",
souligne la militante parisienne.


"Entretenir la peur"

A cette heure de sortie des écoles, la rue était pleine de monde,
d’enfants, de parents avec des poussettes, explique-t-elle. Les
directeurs des écoles ont dû faire entrer les parents et les enfants
dans les bâtiments pour les protéger des gaz et de la bousculade.

Une journaliste, qui était présente, a pu filmer la scène. Les
policiers
lui ont pris ses papiers. Ils lui ont rendu sa carte de presse, mais
elle n’a pas récupéré sa carte d’identité. La police voulait aussi se
saisir de sa caméra, mais elle est parvenue à s’en débarrasser. "Ils
étaient très embêtés, ils ont longtemps cherché la caméra", commente
Brigitte Wieser.


Jets de projectiles sur les policiers

Une version que contestent les forces de l’ordre. Selon une source
policière, il s’agit d’une opération classique de contrôle, sur
réquisition du procureur de la République, dans trois débits de
boisson.
Cette source confirme que les fonctionnaires ont interpellé un
ressortissant chinois en situation irrégulière au "Petit Rampal".

Quand les fonctionnaires sont sortis du bar, une vingtaine de personnes
les ont bloqués et ont encerclé le véhicule de police, certains
s’allongeant sur la chaussée pour empêcher son départ, selon la source
policière. Des coups et des projectiles ont détérioré la voiture de
police. Les policiers ont essuyé des jets d’objets et d’un liquide
provenant d’un squat d’artistes proche, précise-t-on. Pour se dégager,
ils ont dû appeler des renforts et faire usage de lacrymogènes. L’un
d’entre eux a été blessé à l’épaule et irrité au visage par le liquide,
indique la source policière. Ce fonctionnaire fait l’objet de dix jours
d’interruption totale de travail.


"Il est monté d’un cran"

"La préfecture de Paris avait toujours garanti qu’il n’y aurait pas
d’arrestation à la sortie des écoles", souligne Brigitte Wieser. "Nous
avons demandé aujourd’hui au préfet de nous recevoir, pour lui demander
de ne plus céder aux pressions du candidat Sarkozy, qui exige du
chiffre de ses préfets".

En même temps que cette "rafle", il y en a eu deux autres, aux métros
Goncourt et Stalingrad, et plusieurs arrestations. "On est monté d’un
cran dans les rafles", commente Brigitte Wieser.

Cette militante redoute que les parents en situation irrégulière ne
scolarisent plus leurs enfants, par crainte d’être arrêtés en allant
les
chercher à l’école. "Hier soir, dans notre permanence du XIe
arrondissement, il y avait beaucoup de monde. Les gens sont venus nous
dire qu’ils avaient peur. Ces rafles servent à entretenir la peur",
juge
Brigitte Wieser.
Par blogos - Publié dans : Actualité nationale
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