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"Vous entrez en territoire zapatiste, ici les citoyens commandent et les gouvernements obéissent."

Un peu de musique de la compagnie jolie môme.

 

 

 

  

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Branche subversive de l'A.Z.L.O.B

Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /2006 17:23

L'expérience de Milgram réalisée (et filmée) à la fin des années soixante-dix analysait l'aptitude d'individus choisis au hasard à refuser ou à remettre en question un ordre. Les conclusions en sont trés inquiétantes bien que prévisibles. L'expérience était menée de la manière suivante:
Elle met en scène trois personnes:

 
  • Le spécialiste: Professeur responsable de l'expérience.
  • Le figurant
  • L'individu: Sujet de l'expérience

  • On contacte un individu et on lui fait croire qu'il va participer, moyennant finances, à une expérience concernant l'étude de "l'apprentissage par la douleur" dirigée par un éminent spécialiste qu'il devra assister dans cette expérience: Son rôle sera de poser des questions, des énigmes faisant appel aux facultés cognitives à un (faux) cobaye: le figurant. Lorsque celui ci répondra mal ou ne répondra pas, l'individu devra appliquer la "punition", c'est à dire appuyer sur un bouton qui infligera une décharge électrique "désagréable mais inoffensive" au cobaye. Les conditions de l'expérience sont telles que le figurant et l'individu sont séparés par une cloison de manière à ce que l'individu ne puisse pas voir le figurant mais qu'il puisse l'entendre. l'individu est assis devant un pupitre composé d'une centaine de boutons alignés. Le spécialiste est aux cotés de l'individu pour superviser l'expérience et prendre des notes. L'expérience démarre, l'individu posant les questions au figurant. A la première réponse erronée, le spécialiste rappelle à l'individu d'appuyer sur le premier bouton à gauche du pupitre puis il explique alors à l'individu qu'il devra, à chaque mauvaise réponse, enclencher le bouton suivant, de gauche à droite du pupitre. L'individu s'exécute et applique la première décharge qui provoque une légère réaction d'insatisfaction de la part du cobaye (bien entendu les décharges sont fictives et le figurant joue son rôle de cobaye vis à vis de l'individu). Ayant pleine confiance dans le professionnalisme du spécialiste, l'individu poursuit l'expérience mais s'aperçoit vite, à l'écoute des réactions du cobaye que les décharges sont de plus en plus vives à mesure que les mauvaises réponses s'accumulent. Mais devant l'insistance et l'autorité du professeur, l'individu poursuit son travail, sans remord, et inflige au cobaye ses décharges de plus en plus fortes, à tel point que le cobaye commence à crier de douleur et demande qu'on arrête l'expérience, le spécialiste se fait alors de plus en plus autoritaire et pousse l'individu à continuer de poser ses questions et de ne pas faire attention à ce que dit le cobaye. Croyez le ou pas, l'individu obéit, sans remettre le bien fondé de l'expérience en question, sans se rendre compte qu'il se transforme peu à peu en tortionnaire. Le cobaye hurle maintenant à chaque décharge, il sanglote qu'il ne veut plus répondre aux questions, qu'il ne veut plus de l'argent qu'on lui a proposé, qu'il veut tout arrêter... Le spécialiste rappelle promptement à l'individu d'appliquer la décharge quand il n'y a pas de réponse, celui ci s'exécute à nouveau et constate qu'il n'y a plus de réaction de la part du cobaye, il ne crie plus, ne supplie plus, est il inconscient, est-il mort? Apparemment, l'individu ne se pose même pas la question, et, le spécialiste le pressant de finir l'expérience, il poursuit et termine son questionnaire sans réponse, n'oubliant pas de "punir" le cobaye de son silence.

    Les conclusions de cette expérience sur la capacité à remettre en question un ordre donné sont désastreuses puisque sur un panel de plusieurs centaines d'individus, 85% ont poursuivi l'expérience jusqu'à son terme avec plus ou moins de dégoût, d'hésitations: certains se levant de leur chaise par remord, se rassoie sous l'autorité du spécialiste et finissent le boulot, d'autres restant impassibles du début à la fin...
    Cette expérience reflète une vérité à laquelle on peut associer de nombreux exemples tout au long de l'histoire de l'humanité: L'obéissance aveugle. Toute armée fonctionne ainsi: Par le transfert des responsabilités, on peut faire faire n'importe quoi à la majorité des gens. En effet, que ce soit dans le cas d'un SS torturant un prisonnier d'un camp de concentration ou dans le cas de l'expérience décrite, l'individu rejette la responsabilité de ses actes sur celui qui lui en donne l'ordre, ce qui lui permet de tout faire en gardant "bonne conscience". De même, la personne qui donne l'ordre de torturer peut rejeter la responsabilité du contenu de l'ordre sur son supérieur et ainsi de suite.
    C'est ainsi qu'on peut transformer quasiment n'importe quelle personne en bourreau sanguinaire.
    Bien sûr, il y a des conditions plus propices que d'autres au développement de l'obéissance aveugle. Ainsi, un ingrédient catalyseur est la mise en place d'un sentiment d'infériorité de l'individu ou en tout cas, d'une forme virtuelle de hiérarchie. En effet, faire croire à un individu qu'il y a autre chose "au dessus" de lui, qu'il est moins important, moins puissant que tel ou tel invention (Religion, gouvernement, parti, armée, argent...) permet de justifier l'accomplissement d'une barbarie. De même que l'individu de notre expérience se sentait inférieur vis à vis de "l'éminent spécialiste" et de la cause scientifique en général, le soldat Nazi (ou autre!) était hiérarchiquement inférieur et devait se soumettre aux ordres d'Hitler pour la "cause" Nazie.

     

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    Dimanche 15 janvier 2006 7 15 /01 /2006 19:24

    Veuillez exprimer sur cette page votre talent humoristique pour lutter contre le Néolibéralisme, le sarkozisme, le lepenisme et tout ce qu'on aime pas.

    Nos chansons préférés

    Nos dessins préférés

    Nos textes préféré

    De belles citations...

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    Dimanche 22 janvier 2006 7 22 /01 /2006 14:07
    AlterNet, 14 janvier 2006.


    Depuis plus de 40 ans, Noam Chomsky, professeur au MIT, est l’un des plus grands intellectuels au monde critique de la politique étrangère des Etats-Unis. Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis connaissent des problèmes politiques et militaires suite à leurs dernières aventures impériales, Chomsky - qui a eu 77 ans le mois dernier - promet qu’il ne ralentira pas le rythme « tant qu’il tiendra debout ». Je lui ai parlé au téléphone, le 9 décembre et une autre fois le 20, à son bureau à Cambridge.

    Geov Parrish : Est-ce que George Bush a des problèmes politiques ? Si oui, pourquoi ?

    Noam Chomsky : George Bush aurait de graves problèmes politiques s’il y avait un parti d’opposition dans ce pays. Pratiquement chaque jour ils se tirent un balle dans le pied. Ce qui est étonnant dans la politique aux Etats-Unis aujourd’hui est que les Démocrates n’en tirent pratiquement aucun bénéfice. Le seul bénéfice pour eux est que les Républicains sont en train de perdre du soutien. Un parti d’opposition serait en train de secouer les branches, mais les Démocrates ont une politique si proche des Républicains qu’ils ne peuvent rien faire. Lorsqu’ils essaient de parler de l’Irak, George Bush, ou Karl Rove, leur rétorque « comment pouvez-vous critiquer ? Vous avez tous voté pour. » En plus, ils ont raison.

    GP : Comment les Démocrates pourraient-ils faire la différence à ce stade, étant donné qu’ils sont déjà tombés dans le piège ?

    NC : Les Démocrates, leurs dirigeants, lisent les sondages bien plus que moi. Ils savent ce que pense l’opinion publique. Ils pourraient prendre des positions qui seraient soutenues par l’ opinion publique au lieu d’aller à l’encontre. Ainsi ils deviendraient un vrai parti d’opposition, et même un parti majoritaire. Mais cela signifie qu’ils devront changer de position sur pratiquement tous les sujets.

    Par exemple, prenons la question de la santé, qui est probablement la préoccupation principale dans le pays. Une grande majorité de la population est favorable, et ce depuis longtemps, à un système de sécurité sociale nationale. Mais chaque fois que le sujet est abordé - on en parle de temps en temps dans la presse - on dit que c’est politiquement impossible, ou que le projet « manque de soutien politique », qui est une autre manière de dire que les compagnies d’assurance n’en veulent pas, que les compagnies pharmaceutiques n’en veulent pas, et ainsi de suite. Bon d’accord, une grande majorité de la population le veut, mais qui se préoccupe d’eux ? C’est pareil pour les Démocrates. Clinton avait concocté un plan tellement alambiqué qu’on n’y comprenait rien et tout est tombé à l’eau.

    Kerry, aux dernières élections, au dernier débat de la campagne, le 28 octobre je crois, le débat devait aborder les questions de politique interne. Et le New York Times en fit un bon compte-rendu le lendemain. Ils soulignèrent, à raison, que Kerry n’avait jamais mentionné un engagement quelconque du gouvernement dans le système de santé parce qu’il « manquait de soutien politique ». C’est leur manière à eux de dire, et celle de Kerry de comprendre, que soutien politique signifie le soutien des riches et des puissants. Bon, les Démocrates pourraient être différents. On pourrait imaginer un parti d’opposition qui défendrait les intérêts de la population.

    GP : Etant donné l’absence de véritables différences entre les deux partis en matière de politique extérieure...

    NC : ... ou même intérieure.

    GP : Oui, ou intérieure. Mais je voudrais poser une question sur la politique étrangère. Sommes-nous en train d’être préparés à un état de guerre permanent ?

    NC : Je ne crois pas. Personne ne veut réellement la guerre. Ce que l’on veut c’est la victoire. Prenons l’exemple de l’Amérique centrale. Dans les années 80, l’Amérique centrale était hors de contrôle. Les Etats-Unis ont du mener une guerre terroriste féroce contre le Nicaragua, et ont du soutenir les gouvernements assassins du Salvador, du Guatemala et du Honduras, c’était un état de guerre. Les terroristes ont finalement gagné. A présent, la région est plus ou moins calme. Alors on n’entend même plus parler de l’Amérique centrale parce que tout est calme. Il y a la souffrance et la misère, mais la situation est calme. Ce n’est donc pas un état de guerre. Ailleurs, c’est pareil. Partout où on peut garder les gens sous contrôle, il n’y a pas de guerre.

    Prenons par exemple la Russie et l’Europe de l’Est. La Russie a contrôlé l’Europe de l’Est pendant près d’un demi-siècle, avec très peu d’interventions militaires. De temps en temps, ils envahissaient Berlin Est, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, mais en général c’était calme. Et ça leur convenait parfaitement - une situation sous contrôle des forces de sécurité locales, des politiciens locaux, pas de problème. Il n’y avait pas d’état de guerre permanent.

    GP : Mais dans la Guerre contre le terrorisme, quelle peut être la définition d’une victoire lorsqu’on a affaire à une tactique ? C’est sans issue.

    NC : Il existe des moyens procéder à des mesures. Par exemple, on peut compter le nombre d’attaques terroristes. Et bien ils sont en nette augmentation sous l’administration Bush, et en très nette augmentation depuis la guerre en Irak. Comme prévu - les services de renseignement avaient prévu que la guerre en Irak allait probablement accroître le niveau de terrorisme. Et les estimations effectuées après l’invasion par la CIA et le Conseil National du Renseignement, et autres agences de renseignement, le confirme en tous points. La guerre a augmenté le terrorisme. En fait, elle a même produit quelque chose qui n’existait pas auparavant, un nouveau terrain d’entraînement pour les terroristes, bien plus sophistiqué qu’en Afghanistan, où sont entraînés des terroristes professionnels qui retournent ensuite dans leur pays. C’est une façon de gérer la Guerre contre le Terrorisme, en augmentant le terrorisme. Et selon l’unité de mesure évidente, le nombre d’attaques terroristes, on peut dire qu’ils ont réussi à augmenter le terrorisme.

    Le fait est qu’il n’y a pas de Guerre contre le Terrorisme. Il s’ agit là d’un problème secondaire. L’invasion de l’Irak et la prise de contrôle des ressources énergétiques étaient bien plus importantes que le risque de terrorisme. C’est pareil pour d’ autres sujets. Le terrorisme nucléaire, par exemple. Les services de renseignement étasuniens estiment que la probabilité pour qu’ une « bombe sale », qu’une attaque par bombe nucléaire aux Etats-Unis, se produise dans les dix prochaines années est de 50 pour cent. C’est beaucoup. Est-ce qu’ils s’en préoccupent ? Oui. En augmentant la menace, un augmentant la prolifération nucléaire, en poussant ses ennemis potentiels à prendre des mesures très dangereuses pour tenter de contrer les menaces des Etats-Unis.

    Le sujet est parfois abordé. On peut le trouver dans les articles consacrés aux analyses stratégiques. Prenons encore une fois l’ exemple de l’invasion de l’Irak. On nous dit qu’ils n’ont pas trouvé d’armes de destruction massive. Et bien, ce n’est pas tout à fait correct. Ils ont effectivement trouvé des armes de destruction massive, celles que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et d’autres avaient envoyées à Saddam pendant les années 80. Il y en avait encore beaucoup sur place. Elles étaient sous le contrôle des inspecteurs de l’ONU et en train d’être démontées. Mais il y en avait encore beaucoup. Lorsque les Etats-Unis ont envahi, les inspecteurs ont été virés, et Rumsfeld et Cheney n’ont pas ordonné à l’armée de garder les sites. Alors les sites sont restés sans surveillance, et ils furent systématiquement pillés. Les inspecteurs de l’ONU ont continué leur travail par satellite et ils ont identifié plus de 100 sites qui étaient systématiquement pillés, pas comme quelqu’un qui entrerait pour voler quelque chose, mais soigneusement et systématiquement pillés.

    GP : Par des gens qui savaient ce qu’ils faisaient

    NC : Oui, par des gens qui savaient ce qu’ils faisaient. Cela signifie qu’ils étaient en train de récupérer le matériel de haute précision qu’on peut utiliser pour les armes nucléaires et les missiles, les bio toxines dangereuses, toutes sortes de choses. Personne ne sait vers où le matériel est parti, et on préfère ne pas y penser. Ca, c’est une manière d’accroître nettement le risque de terrorisme. La Russie a nettement augmenté sa capacité militaire offensive en réaction aux programmes de Bush, ce qui en soi est déjà dangereux, mais aussi pour tenter de contrer la domination écrasante des Etats-Unis en termes d’armes offensives. Ils doivent transporter des missiles nucléaires en peu partout sur leur vaste territoire. Et la majorité n’est pas gardée. Et la CIA est parfaitement au courant que les rebelles Tchétchènes s’intéressent aux chemins de fer Russes, probablement pour tenter de voler un missile nucléaire. Oui, ça pourrait être un apocalypse. Mais ils sont en train d’accroître ce danger. Parce qu’ils s’en fichent.

    C’est pareil pour le réchauffement climatique. Ils ne sont pas stupides. Ils savent qu’ils sont en train d’augmenter les risques d’une catastrophe majeure. Mais cela ne concerne que les générations futures. Ils s’en fichent. Il y a en gros deux principes qui gouvernent la politique de l’administration Bush : se remplir les poches et celles de ses amis riches, et renforcer son contrôle sur le monde. Pratiquement tout découle de là. Si vous faites sauter la planète, et bien ce n’est pas votre problème. « Ca arrive », comme l’a dit Rumsfeld.

    GP : Vous avez suivi les guerres d’agression des Etats-Unis depuis le Vietnam, et aujourd’hui nous sommes en Irak. Etant donné le fiasco que c’est, pensez-vous que nous verrons un changement dans la politique étrangère des Etats-Unis ? Si oui, comment ?

    NC : Et bien, il y a des différences importantes. Comparez, par exemple, la guerre en Irak avec la guerre au Vietnam il y a 40 ans. Il y a une nette différence. L’opposition à la guerre en Irak est beaucoup plus importante que pour le Vietnam. L’Irak est je crois la première guerre de l’histoire de l’impérialisme européen, y compris les Etats-Unis, où on a connu des protestations massives avant que la guerre n’ait été officiellement déclenchée. Au Vietnam, il a fallu quatre ou cinq ans avant de voir les premières protestations. Les protestations étaient si faibles que personne ne se souvient que Kennedy a attaqué le Sud Vietnam en 1962. C’était une attaque importante. Il a fallu des années avant de voir des protestations.

    GP : Et que faut-il faire en Irak ?

    NC : Et bien la première chose serait d’en parler sérieusement. Il n’y a pratiquement aucun débat sérieux, je suis désolé de le dire, dans la classe politique, sur la question du retrait des troupes. Ceci parce que nous sommes soumis à une doctrine occidentale, un fanatisme religieux, qui prétend que les Etats-Unis auraient envahi l’Irak même si ce dernier ne produisait que des cornichons et des salades, et que les puits de pétrole s’étaient trouvés au milieu de l’Afrique. Tous ceux qui n ’y croient pas sont qualifiés de Marxistes, de théoriciens de la conspiration, de fous, ou autre chose. Et bien, même si vous n’ avez plus que trois neurones en état de marche, vous savez que ce sont des balivernes. Les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour ses énormes ressources en pétrole, la plupart encore inexploitées, et cepays est situé en plein centre du système énergétique mondial. Ce qui signifie que si les Etats-Unis réussissent à contrôler l’ Irak, ils étendront considérablement leur puissance stratégique, ce que Zbigniew Brzezinski appelait le point d’appui indispensable face à l’Europe et l’Asie. C’est une des raisons principales pour contrôler les ressources de pétrole, ça vous donne un pouvoir stratégique. Même si vous pouvez compter sur des ressources renouvelables, vous avez intérêt à le faire. C’est la raison principale pour l’invasion de l’Irak.

    En ce qui concerne le retrait, prenez n’importe quelle édition de n’importe quel journal ou magazine. Ils disent tous que les Etats-Unis veulent instaurer un état démocratique et souverain en Irak. En fait, c’est hors de question. Que serait la politique d’ un Irak indépendant et souverain ? S’il est plus ou moins démocratique, le pays serait gouverné par une majorité Chiite. Ceux-ci chercheront naturellement à resserrer leurs liens avec l’ Iran chiite. La plupart des religieux viennent d’Iran. La brigade Badr, qui contrôle en gros tout le sud, est entraînée par l’Iran. Ils ont des liens étroits qui ne feront que se renforcer. Ce qui donne une alliance informelle Irak/Iran. De plus, juste de l’ autre côté de la frontière avec l’Arabie Saoudite, il y a une population chiite qui a été sévèrement réprimée par la tyrannie intégriste soutenue par les Etats-Unis. Tout mouvement vers l’ indépendance en Irak aurait de fortes chances de les encourager, et c’est déjà en cours. Et il se trouve que c’est là que se trouve la majorité du pétrole Saoudien. Alors, vous pouvez imaginez le parfait cauchemar pour Washington, à savoir une alliance chiite qui contrôlerait la majorité du pétrole mondial, indépendante de Washington et probablement tourné vers l’est, où la Chine et d’autres sont impatients de nouer des relations, et qui sont déjà en train de le faire. Pour Washington, ce n’est même pas concevable. Au stade où en sont les choses, les Etats-Unis préféraient une guerre nucléaire à une telle situation.

    Donc, toute discussion sur le retrait devrait tenir compte du monde tel qu’il est, c’est-à-dire prendre en compte ces données. Ecoutez les commentateurs aux Etats-Unis, quel que soit leur bord politique. Qui parle de ça ? Pratiquement personne, ce qui signifie que le débat pourrait aussi bien se dérouler sur Mars. Et il y a une raison à cela. Nous ne sommes pas censés penser que nos dirigeants peuvent obéir à des intérêts impérialistes. Nous sommes censés penser qu’ils sont gentils, et tout ça. Mais ils ne le sont pas. Ils sont parfaitement sensés. Ils comprennent ce que tout un chacun peut comprendre. Alors la première mesure à prendre dans le débat sur le retrait est le suivant : prendre en compte la situation telle qu’elle est et non pas la situation rêvée, celle où Bush poursuivrait une vision de démocratie ou je ne sais quoi. Si nous savons entrer dans le monde réel, nous pouvons commencer à en parler. Et pour répondre à la question, oui, je crois que nous devons nous retirer, mais nous devons en parler dans le cadre de la réalité et connaître les projets de la Maison Blanche. Eux ne sont pas disposés à vivre dans un monde de rêve.

    GP : Comment les Etats-Unis régiront-ils à la Chine en tant que superpuissance ?

    NC : Quel est le problème avec la Chine ?

    GP : Et bien, la concurrence pour les ressources, par exemple.

    NC : Si vous croyez aux lois du marché, tels que nous sommes censés y croire, la concurrence pour les ressources à travers les lois du marché ne devrait pas poser de problèmes, n’est-ce pas ? Le problème est que les Etats-Unis n’aime pas la tournure des évènements. Tant pis. Personne n’aime la tournure des évènements lorsque les événements se tournent contre lui. La Chine ne représente aucune menace. Mais nous pouvons la transformer en menace. Nous pouvons augmenter les menaces contre la Chine, et ils réagiront. Et ils sont déjà en train de le faire. Ils riposteront en renforçant leur arsenal militaire, leur capacité militaire offensive, et cela devient une menace. Oui, nous pouvons les pousser à devenir une menace.

    GP : Quel est votre plus grand regret en tant que militant de ces 40 dernières années ? Qu’auriez-vous fait différemment ?

    NC : J’en aurais fait plus. Parce que les problèmes sont si amples et profonds que c’est une honte de ne pas en faire plus.

    GP : Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?

    NC : Ce qui me donne de l’espoir c’est l’opinion publique. L’ opinion publique aux Etats-Unis fait l’objet d’études méticuleuses, nous en savons beaucoup. On en parle rarement, mais nous la connaissons. Et vous savez, je suis plutôt en phase avec l’opinion publique sur la plupart des sujets. Sur certains, je ne le suis pas, sur le contrôle des armes à feu, ou sur le créationnisme ou des sujets comme ça. Mais sur la plupart des sujets importants, ceux que nous avons abordé, je suis dans le camp des critiques, mais plutôt en phase avec l’opinion publique. Je pense que c’est un signe très encourageant. Je pense que les Etats-Unis seraient un paradis pour un organisateur.

    GP : Quel genre d’organisation devrait être entreprise pour changer la politique ?

    NC : Il y a de quoi procéder à un changement démocratique. Prenez ce qui s’est passé en Bolivie il y a quelques jours. Comment un dirigeant indigène de gauche a-t-il été élu ? Etait-ce en se présentant devant les électeurs une fois tous les quatre ans pour leur dire « votez pour moi » ? Non. C’est parce qu’il existe des organisations populaires de masse qui travaillent sans cesse sur tous les fronts, de la lutte contre les privatisations de l’eau jusqu’aux questions locales, et ce sont des organisations à démocratie participative. Ca c’est la démocratie. Nous en sommes loin. Voilà quelque chose qui serait à organiser.

    Propos recueillis par Geov Parrish.
    Par Noam Chomsky - Publié dans : Branche subversive de l'A.Z.L.O.B
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    Samedi 28 janvier 2006 6 28 /01 /2006 11:29
    "Puisque les amis de ces messieurs, pour flatter l’ego de leurs dieux et maîtres et aussi pour faire démocrates et même soyons fous..... peuple, ont eu l’idée géniale de lancer un sondage sur un blog :

    blog.villepin.free.fr

    Votez pour votre candidat UMP préféré !

    Quel candidat UMP en 2007 ?

    Michèle Alliot-Marie
    Jacques Chirac
    Nicolas Dupont-Aignan
    Alain Juppé
    Nicolas Sarkozy
    Dominique de Villepin

    autre candidat(e)

    Afin de demander à la France d’en bas (nous) quel candidat elle souhaiterait avoir pour la présidentielle de 2007 (s’ils tiennent jusque là, ...rêvons...) amusons-nous un peu à saboter leur jouet en votant sur leur site bien sûr pour le candidat qu’à coup sûr ils ne souhaitent pas voir arriver en tête, c’est-à-dire le moins antipathique de la clique (je n’ai pas dit que je l’aimais)

    nicolas... mais pas celui qu’on croit !!!

    NICOLAS DUPON AIGNAN

    De cette façon, en nous mobilisant, nous sèmerons un peu plus la panique en cassant le joujou.

    Puisque ces messieurs n’hésitent pas par leur politique à briser la vie de certains d’entre-nous...

    Bien sûr, c’est un peu galopin, j’en conviens, mais votez sur leur blog c’est assez jouissif vous verrez !

    Votez pour qui vous voulez mais votez ! C’est un de devoir civique non ?

    Par blogos - Publié dans : Branche subversive de l'A.Z.L.O.B
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    Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /2006 17:18
    Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n'est pas chez nous, mes frères : chez nous il y a des Etats.

    Etat? Qu'est-ce, cela? Allons! ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples.

    L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : " Moi, l'Etat, je suis le Peuple. "

    C'est un mensonge! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie.

    Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un Etat : ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent appétits.

    Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l'Etat et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois.

    Je vous donne ce signe : chaque peuple a son langage du bien et du mal : son voisin ne le comprend pas. Il s'est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois.

    Mais l'Etat ment dans toutes ses langues du bien et dû mal; et, dans tout ce qu'il dit, il ment - et tout ce qu'il a, il l'a volé.

    Tout en lui est faux; il mord avec des dents volées, le hargneux. Même ses entrailles sont falsifiées.

    Une confusion des langues du bien et du mal - je vous donne ce signe, comme le signe de l'Etat. En vérité, c'est la volonté de la mort qu'indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort!

    Beaucoup trop d'hommes viennent au monde : l'Etat a été inventé pour ceux qui sont superflus!

    Voyez donc comme il les attire, les superflus! Comme il les enlace, comme il les mâche et les remâche!

    " Il n'y a rien de plus grand que moi sur la terre je suis le doigt ordonnateur de Dieu " - ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent à genoux!

    Hélas, en vous aussi, ô grandes âmes, il murmure ses sombres mensonges! Hélas, il devine les cœurs riches qui aiment à se répandre!

    Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole!

    Elle voudrait placer autour d'elle des héros et des hommes honorables, la nouvelle idole! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne conscience, le froid monstre!

    Elle veut tout vous donner, si vous l'adorez, la nouvelle idole : ainsi elle s'achète l'éclat de votre vertu et le fier regard de vos yeux.

    Vous devez lui servir d'appât pour les superflus! Oui, c'est l'invention d'un tour infernal, d'un coursier de la mort, cliquetant dans la parure des honneurs divins!

    Oui, c'est l'invention d'une mort pour le grand nombre, une mort qui se vante d'être la vie, une servitude selon le cœur de tous les prédicateurs de la mort!

    L'Etat est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les, mauvais : l'Etat, où tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais : l'Etat, où le lent suicide de tous s'appelle - " la vie ".

    Voyez donc ces superflus! Ils volent les œuvres des inventeurs et les trésors des sages : ils appellent leur vol civilisation - et tout leur devient maladie et revers!

    Voyez donc ces superflus! Ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent pas même se digérer.

    Voyez donc ces superflus! Ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d'argent, - ces impuissants!

    Voyez-les grimper, ces singes agiles! Ils grimpent les uns sur les autres et se poussent ainsi dans la boue et dans l'abîme.

    Ils veulent tous s'approcher du trône : C'est leur folie, - comme si le bonheur était sur le trône! Souvent la boue est sur le trône - et souvent aussi le trône est dans la boue.

    Ils m'apparaissent tous comme des fous, des singes grimpeurs et impétueux. Leur idole sent mauvais, ce froid monstre : ils sentent tous mauvais, ces idolâtres.

    Mes frères, voulez-vous donc étouffer dans l'exhalaison de leurs gueules et de leurs appétits! Cassez plutôt les vitres et sautez dehors

    Evitez donc la mauvaise odeur! Eloignez-vous de l'idolâtrie des superflus

    Evitez donc la mauvaise odeur! Eloignez-vous de la fumée de ces sacrifices humains!

    Maintenant encore les grandes âmes trouveront devant elles l'existence libre. Il reste bien des endroits pour ceux qui sont solitaires ou à deux, des endroits où souffle l'odeur des mers silencieuses.

    Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. En vérité, celui qui possède peu est d'autant moins possédé : bénie soit la petite pauvreté!

    Là où finit l'Etat, là seulement commence l'homme qui n'est pas superflu : là commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, à nulle autre pareille.

    Là où finit l'Etat, - regardez donc mes frères! Ne voyez-vous pas l'arc-en-ciel et le pont du Surhumain?

    Ainsi parlait Zarathoustra.

    Par blogos - Publié dans : Branche subversive de l'A.Z.L.O.B
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