Dimanche 3 décembre 2006
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"La France soutient les intérêts d'un dictateur"
LEMONDE.FR | 30.11.06 | 18h11 • Mis à jour le 30.11.06 | 18h50
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-840614@51-821653,0.html
Sharon Courtoux, déléguée de la présidente de l'association Survie France, qui met en cause les liens de la France avec ses anciennes colonies sur le continent africain.
Quels sont les intérêts français au Tchad ?
La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d'autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine, et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays. Et cela, alors que la situation des Tchadiens empire de jour de jour et que les besoins élémentaires, sur le plan de la santé ou de l'école, ne sont pas couverts. La France fait passer les questions d'approvisionnement énergétiques avant celui des populations.
Elle soutient depuis longtemps Idriss Déby, le "président" tchadien. Je mets le mot président entre guillemets parce que au Tchad, il y a depuis longtemps de la fraude électorale. M. Déby n'a pas été élu, c'est un tyran. A force de soutenir les intérêts d'un dictateur, on met en difficulté l'émergence de forces qui souhaiteraient faire autrement. Il y a notamment une société civile très organisée au Tchad, comme le Comité de suivi pour la paix et la réconciliation, qui demande à la communauté internationale de favoriser un dialogue entre tous les Tchadiens – aussi bien les politiques au pouvoir, que l'opposition ou les politico-militaires – ainsi que l'organisation d'élections totalement transparentes.
Pourquoi Paris a-t-il envoyé des soldats français sur le sol tchadien ?
Paris maintient une présence militaire dans la région pour garder la situation en l'état. Il ne faut pas oublier que le Darfour – où en moyenne cent mille personnes sont tuées par an – est une pièce du puzzle. Si les Nations unies créaient une force internationale au Darfour, on pourrait imaginer une extension au Tchad, où les forces françaises, qui sont principalement situées à N'Djamena, chapeauteraient les casques bleus, mais cela, sans que le commandement soit français. L'ONU n'est pas parfaite, mais elle parle au nom de la communauté internationale et permettrait peut-être de répondre aux demandes de la société civile tchadienne.
Comme argument à son soutien à Déby, la France explique qu'elle défend la stabilité dans la région. Mais il n'y a pas de stabilité. Demandez aux Tchadiens ce qu'ils pensent de ce mot "stabilité". A force de défendre cette "stabilité", on maintient le pays dans une situation explosive. Et à supposer que l'on y organise des élections libres et transparentes, il n'est pas sûr que les Tchadiens élisent quelqu'un ayant une relation aussi privilégiée que Déby avec la France.
Personnellement, j'estime qu'au lieu de soutenir un régime dictatorial, la communauté internationale et l'Union africaine pourraient aider ce pays à sortir de l'ornière. Pour cela, au-delà des financements, il faudrait investir du temps et de l'intelligence en travaillant avec cette société civile. Mais je reconnais que ce n'est pas simple.
Selon vous, pourquoi le premier ministre, Dominique de Villepin, a-t-il choisi le Tchad pour entamer sa tournée africaine ?
Avant de partir, dans un communiqué de presse, Dominique de Villepin a indiqué qu'il allait réaffirmer son soutien à Déby. Si c'est cela, c'est la continuation d'une politique que nous observons depuis toujours. C'est probalement un signe fort, même si j'attends de voir quels seront les résultats de ce voyage. Mais je souhaiterais que Villepin demande des explications à Déby sur ce qui s'est passé récemment dans l'est du Tchad où certains affirment que les combats entre différentes communautés ont été suscités par la présidence tchadienne. Nous sommes dans un embrasement perpétuel dans la région et je me demande si continuer d'appliquer les politiques mises en œuvres jusqu'à présent n'est pas le meilleur moyen de mettre de l'huile sur le feu.
Propos recueillis par Rapahaëlle Besse-Desmoulières
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Dimanche 3 décembre 2006
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Une nouvelle journée de manifestation pour le 9 décembre à Oaxaca et partout dans le monde
après une semaine très difficile pour le mouvement populaire, qui a vu
démanteler les dernieres barricades,
abandonner radio universidad,
les principaux porte-parole de l'APPO contraints à la clandestinité,
une occupation de la totalité de la ville par la police,
l'ensembles des prisonniers envoyés dans d'autres états du Mexique dans
des
pénitentiers situés parfois à des milliers de km d'Oaxaca...
enfin quelques nouvelles plus positives :
vendredi des manifestations appelées par la section 22 du SNTE
(syndicats
des enseignants) auquel s'étaient joints des militants et des
sympathisants
de l'APPO ont pu se dérouler un peu partout dans l'état, sans
répression
policière, regroupant des milliers de manifestants d'après la Jornada,
les
manifestants ayant, comme le dit le journal, vaincu la peur d'être
réprimés
et arrêtés...
les enseignants ont également bloqué les rafineries de pétrole en
accord
avec les syndicats des ouvriers du pétrole
A Mexico plusieurs porte parole de l'APPO ont appelé à une nouvelle
journée
de manifestation pour le 9 décembre à Oaxaca et partout dans le monde,
tout
en se déclarant prêt à rouvrir des négociations avec le nouveau
gouvernement
fédéral, demandant que comme premier geste, Ulises Ruiz soit viré
définitivement de son poste.
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Dimanche 3 décembre 2006
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Chronique du Mexique en luttes, 30 novembre 2006
Repli de l’APPO et menaces sur les prisonniers
En raison des nombreuses arrestations des derniers jours, la barricade
du
carrefour Cinco Señores, dernière barricade d’Oaxaca, qui défendait
notamment l’accés à l’université, est restée sans défenseurs durant la
nuit du 28 au 29, de sorte qu’à 4 heures du matin des bulldozers sont
arrivés, accompagnés d’une centaine de nettoyeurs et défendus par une
vingtaine de camionnettes de policiers fortement armés ; ils ont
complètement démembré la barricade et dégagé les dernières routes
coupées,
annihilant ainsi une occupation qui durait depuis six mois. Dans
l’après-midi du 29, comme un groupe important de policiers se massait
devant la porte de Radio Universidad, les membres de l’APPO qui
émettaient
encore ont préféré remettre la radio entre les mains de l’Universtité
plutôt que de laisser la police s’en emparer par la force. La PFP
occupe
désormais toute la ville. Toutes les maisons sont systématiquement
fouillées à la recherche d’activistes. La criminalisation du mouvement
entre dans sa phase judiciaire avec des centaines d’inculpations pour
délits de droit commun tels que : dégradations, vols, destructions de
bâtiments publics, etc.
Parmi les prisonniers de ces derniers jours, 141 ont été transférés par
hélicoptères vers la prison d'El Rincon, dans l’Etat du Nayarit. Toute
communication est impossible avec eux, y compris pour leurs familles.
Les
associations pour la défense des droits humains sont arrêtées par un
barrage sur la route menant à la prison et ne reçoivent pas
l’autorisation
d’aller voir les prisonniers. Elles craignent des tortures et ont déjà
reçu des témoignages de coups et menaces. Ce déplacement vers le
Nayarit a
donné lieu à des déclarations hallucinantes. Des représentants de tous
les
secteurs privés locaux ont manifesté contre la présence des prisonniers
oaxaquéniens, et le président du Conseil des entreprises a déploré que
celle-ci "générera des protestations sociales, de gens qui viendront
d’autres Etats du pays pour demander leur libération, et cela nuira aux
activités productives de l’Etat". Ce n’est pas tout : le gouverneur de
l’Etat a téléphoné au prochain ministre de l’Intérieur fédéral pour se
plaindre qu’on lui ait envoyé ces "inculpés" sans lui demander son
avis,
et a qualifié ce transfert d’"insensé" parce que "quand on combat un
cancer, on doit l’encapsuler et non le disperser à travers tout le
pays".
Ces réactions illustrent la polarisation qui est en train de se creuser
dans tout le pays entre les sympathisants des mouvements sociaux et les
partisans de l’ordre économico-politique actuel.
Détermination pour le futur
Un Forum des peuples indigènes a eu lieu à Oaxaca dans des locaux de
l’église de la Vierge des Pauvres, qui a abouti à une déclaration
répétant
les exigences de démission du gouverneur, de retrait de la PFP, de
présentation des disparus en vie, de libération des prisonniers,
d’arrêt
des violences policières, et dénonçant la terreur exercée par
l’occupation
policière de la ville et la criminalisation de la protestation sociale
en
guise de moyen pour désarticuler l’APPO. Selon un porte-parole, le
nouveau
gouvernement serait déjà impliqué dans la répression actuelle, et la
nomination comme ministre de l’Intérieur de Francisco Ramirez Acuna,
connu
pour privilégier la manière forte, ne présage rien de bon pour
l’avenir.
De même, les membres de l’APPO réunis dans la capitale fédérale ont
annoncé que cette répression était un échantillon de ce que le
gouvernement de Felipe Calderon prévoyait de réaliser à l’échelle
nationale.
Cependant, les organisations présentes au forum invitent tous les
résistants à éviter de tomber dans les provocations et la violence et à
continuer à lutter de manière créative contre la misère et pour un
changement politique en profondeur. L’Eglise locale, jusque dans sa
plus
haute hiérarchie, a pris résolument le parti des pauvres en appelant
les
autorités fédérales et locales "à être sensibles aux justes
réclamations
du peuple, à gouverner avec honnêteté et transparence, à ne pas abuser
du
pouvoir pour réprimer, à ne pas manipuler ni profiter de l’ignorance et
de
la pauvreté de la population". Elle a ajouté que, pour éviter de
nouvelles
violences, il était urgent d’introduire des réformes dans tous les
secteurs : légales, économiques, politiques, scolaires, électorales et
sociales.
Le site de l’APPO continue à appeler à la lutte, affichant en première
page "LOS FASCISTAS NO PASARAN" (traduction superflue ! consulter
http://www.asambleapopulardeoaxaca.com). Le site comme les interviews
de
résistants indiquent que la stratégie du pouvoir consistant à arrêter
les
"leaders" est vaine face à un mouvement où la base agit horizontalement
:
des milliers de personnes en résistance ne s’arrêteront pas faute de
"dirigeants". La force de l’APPO est dans le nombre et l’égale valeur
de
tous ses membres, dans la détermination de ceux qui savent que la lutte
sera longue et difficile mais qu’ils n’accepteront plus jamais la vie
indigne qu’on leur a fait subir jusqu’ici.
Du côté des réactions internationales, l’hebdomaire mexicain "Proceso"
rapporte les chiffres exorbitants des exportations d’armes de l’Union
européenne vers le Mexique durant la présidence de Vicente Fox, et
révèle
que les groupes parlementaires européens Verts et Izquierda Unida ont
demandé une interdiction de ces exportations en raison des violations
des
droits de l’homme et des menaces que les armes soient utilisées contre
des
civils dans des conflits internes – ce sont là deux raisons
suffisantes,
d’après la législation européenne, pour refuser toute livraison d’armes
à
un pays (il est intéressant de noter que la Belgique a récemment refusé
un
contrat au Mexique pour ces raisons, ce qui est loin d’être le cas de
tous
les pays européens).
Pour ceux qui se demandent comment aider les prisonniers de l’APPO, on
voit qu’une pression peut être exercée de l’extérieur, soit par
l’intermédiaire de certains parlementaires, soit par l’intermédiaire
des
organisations internationales de défense des droits humains, ou encore
en
invitant la presse à parler de ce débat au Parlement européen et à dire
la
vérité sur la situation mexicaine.
Les "soirées pyjama" des députés
Pendant ce temps, tout le Mexique se gausse des députés du PAN et du
PRD
qui, hier, se sont disputé la tribune du Parlement, afin de l’occuper
jusqu’à ce vendredi 1er décembre où elle doit être le lieu de la
passation
de pouvoir au nouveau président. Le quotidien "La Jornada" affiche en
première page le titre "‘Piyamada’ à la plus haute tribune de la
nation",
faisant allusion aux fêtes durant lesquelles les enfants restent dormir
chez leurs copains. Des photos montrent en effet des députés se passant
des oreillers et d’autres allongés sur des matelats, après les photos
qui
les montraient se poussant et se frappant pour se maintenir sur
l’estrade.
Avec le commentaire : "Le Congrès s’est changé en le ‘reality show’ le
plus réussi. Depuis que la réalité imite la télévision, la politique a
gagné une audience inespérée." Mais, au-delà du cocasse et du ridicule,
la
tension est réelle entre ceux qui veulent à tout prix empêcher
l’investiture du président et ceux qui prétendent simplement appliquer
la
Constitution.
Annick Stevens, à partir de "La Jornada", de "Proceso" et du site de
l’APPO.
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Mercredi 6 décembre 2006
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À la société civile mexicaine,
À la société civile internationale,
Au gouvernement mexicain,
Aux médias,
À l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO),
En février 1998, devant le massacre perpétré trois mois plus tôt à
Acteal
(au Chiapas, Mexique) contre les indigènes rebelles du Chiapas, la
société
civile internationale s'est mobilisée pour exprimer son indignation et
tenter de trouver une issue pacifique au conflit en cours.
Plus de 500 personnes et membres d'organisations des cinq continents
ont
approuvé la création d'une Commission civile internationale
d'observation
pour les droits humains (CCIODH), qui se rendit au Chiapas début 1998.
En novembre 1999, une deuxième commission renouvelait sa mission
d'observateur afin d'évaluer la situation du moment et de la comparer
avec
les observations et les recommandations de la précédente.
En février 2002, après la victoire électorale de Vicente Fox et la
formation du nouveau gouvernement, une troisième visite de la CCIODH
avait
lieu, dans le but d'examiner les possibilités de parvenir à une
résolution
juste du conflit. En 2001, cette possibilité s'est vue frustrée par
l'approbation par le Congrès [mexicain] de la loi indigène (concernant
les
droits et la culture des peuples indigènes), cette réforme
constitutionnelle allant à l'encontre des Accords de San Andrés
(février
1996), comme le dénonçaient l'EZLN (Armée zapatiste de libération
nationale), le Congrès national indigène (CNI) et une grande partie de
la
société civile mexicaine et internationale.
Une quatrième visite de la CCIODH eut lieu en mai et juin 2006, suite
aux
événements survenus à San Salvador Atenco et à Texcoco (État de
Mexico),
les 3 et 4 mai, l'intervention des forces de l'ordre mobilisant plus de
2.000 policiers s'y étant soldée par deux morts, plusieurs blessés
graves,
près de 300 arrestations et l'expulsion de cinq ressortissants
étrangers.
Cela donna lieu à la dénonciation de graves atteintes aux droits
fondamentaux des personnes, notamment les abus sexuels, les viols, les
mauvais traitements, l'humiliation et les tortures.
Ces quatre commissions ont eu comme résultat l'élaboration d'autant de
rapports contondants qui ont été remis à tous les interlocuteurs de
cette
Commission au Mexique, à toutes les organisations et à toutes les
personnes
qui avaient soutenu une telle initiative et aux institutions
internationales (Parlement européen, parlements de divers pays,
Parlement
d'Amérique centrale, Haut-Commissariat pour les droits humains de
l'ONU,
etc.).
En mai dernier, dans l'État d'Oaxaca, les enseignants ont entamé une
lutte
pour l'amélioration de leurs conditions salariales. Suite à la
répression
déclenchée par le gouvernement de l'Oaxaca le 14 juin, le mouvement,
jusque-là limité à des revendications corporatives, s'est étendu à
d'autres
secteurs pour déboucher sur un vaste mouvement populaire, qui exige
depuis
plus de six mois la destitution du gouverneur de l'Oaxaca, Ulises Ruíz
Ortiz (appartenant au PRI).
Au cours des derniers mois, le conflit s'est durci, jusqu'à
l'intervention
récente de la police nationale mexicaine, qui a violemment délogé les
piquets et les campements de l'APPO (l'Assemblée populaire des peuples
de
l'Oaxaca). Depuis le début du conflit, au moins 17 personnes ont été
assassinées, des centaines de manifestants ont été arrêtés, et on
déplore
des dizaines de disparus. Des organisations de défense des droits
humains
ont d'ores et déjà enregistré les plaintes pour tortures, mauvais
traitements et menaces dont ont été victimes les personnes
appréhendées,
ainsi que les persécutions et les abus commis par les corps de police
et
des groupes paramilitaires. Au niveau international, la préoccupation
causée par ces graves événements a suscité une forte mobilisation et le
souci de relayer la dénonciation de ces abus avec un soin particulier,
afin de trouver à ce conflit une issue qui passe par le dialogue.
En vertu de tout ce qui précède, nous demandons à la société civile
mexicaine ainsi qu'au gouvernement fédéral et au gouvernement de l'État
d'Oaxaca, aux organisations et aux ONG victimes de cette situation de
nous
accorder la même confiance que celle qu'ils ont déposée en nous au
cours
des quatre séjours précédents. Nous leur demandons de bien vouloir nous
recevoir, de nous fournir leurs témoignages et de nous permettre
d'effectuer notre mission en toute liberté et responsabilité.
Nous sollicitons également toutes les organisations qui nous ont déjà
soutenus par le passé, pour qu'elles renouvellent leur soutien pour que
nous puissions observer, engager une réflexion et évaluer les
conséquences
que peut avoir le conflit sur la situation en matière de droits
humains.
Au vu de quoi, les personnes soussignées déclarent soutenir cet appel
qui
sera rendu public par voie de presse et remis au gouvernement mexicain,
aux
instances internationales et à la société civile concernées.
Un premier groupe de membres de la CCIODH se rendra au Mexique à partir
du
16 décembre 2006 pour y préparer et y organiser la visite qui se
poursuivra
par l'arrivée d'un second groupe chargé de réaliser, entre le 7 et le
20
janvier 2007, les entretiens avec les différents acteurs du conflit.
Après
quoi, un rapport sera élaboré et remis aux différentes instances,
institutions et organisations, selon le même procédé que lors de nos
précédentes visites.
Le 7 décembre 2006.
Commission civile internationale d'observation pour les droits humains
(CCIODH)
courriel : cciodh@pangea.orgsite Internet : http://cciodh.pangea.org/
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Mercredi 6 décembre 2006
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17:45
Quand Chavez est apparu sur le balcon de la présidence après l’annonce du résultat par la commission électorale, je n’avais plus un poil sec. Ma veste était collée sur ma chemise et le tout sur ma peau. Du ciel tombait une cataracte que Chavez nomma « cette averse bénéfique ». De ma veste coulait dans mes chaussures la suite de cette bénédiction pour rejoindre au sol la petite rivière qui coulait désormais vers les caniveaux entre nos chaussures gorgées d’eau. Des milliers et milliers de gens chantaient sous cette douche « hu ! ha ! Chavez no se va ! » tandis qu’éclataient les feux d’artifice comme un tir de barrage ininterrompu. Chavez lui-même ruissela bientôt comme tout le monde, dès la fin du premier quart d’heure de son discours qu’il prononçait sur ce balcon sans auvent.
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